Récit Saintelyon 2010

Neige, poudreuse, glace, verglas… quatre mots que l’on pourrait utiliser peut être pour résumer cette Saintelyon 2010. Avec un peu de recul, ce fut difficile, mais quelle aventure!

Le samedi soir, on arrive avec Nono au Palais des Sports de Saint-Étienne pas forcément très frais, en effet, la veille une panne de train conjuguée aux conditions climatiques nous ont fait arriver à Lyon vers 2 heures du matin. Ce n’est pas l’idéal en terme de préparation de course. Il est donc presque 20H30 et l’on se dirige vers la remise des dossards, et là gros point noir… une file d’attente qui parait immense alors qu’ils nous avaient fallu 10 minutes l’année dernière pour tout récupérer. C’est l’occasion de pulvériser le record d’attente de remise des dossards avec un temps
supérieur à 1h!

Ce mauvais point passé, avec Nono on part s’installer dans le hall pour essayer de se reposer un peu avant  de sortir les vêtements de course du sac. J’opte finalement pour un sac à dos à la place de ma ceinture porte-bidon en raison des conditions météo.

23h30, il est temps de se rendre sur l’aire de départ, le froid est très présent, on peut lire -7° sur l’enseigne des pharmacies. En attendant minuit, je porte un coupe-vent que je remettrai dans mon sac juste avant de se mettre en mouvement.


St-Etienne – St Christo en Jarrez (km. O – km.16)

Nous sommes aux environs de la 500ème place avec Nono sur la ligne de départ. Dès le signal, ça part très vite devant, avec Arnaud on décide de rester bien au milieu de la chaussée car des plaques de glaces se sont formées près des trottoirs. Nous partons assez tranquillement sur un rythme de 4’30 au kilomètre environs. Avec le froid j’ai l’impression d’avoir les articulations rouillées, ce n’est pas très agréable et ça ne rassure pas de sentir de telles sensation alors que plus de 60 kilomètres nous attendent. Le parcours propose tout d’abord comme à l’accoutumé, une première partie de 7 kilomètres sur route. Puis vient enfin des chemins qui sont intégralement
recouverts de neige. Au début cette neige est assez tassée par le passage de véhicule ou de randonneurs, ce n’est pas trop compliqué de courir, peu après la couche de particule blanche s’épaissit jusqu’à laisser apparaitre de la véritable poudreuse où l’on s’enfonce presque en haut des chevilles!

Photo du parcours prise par l’organisation lors du balisage

C’est assez physique de courir lors de ces passages. Les descentes sont soit ludiques lorsque qu’une couche de 5 à 10 centimètres est présente soit horrible si des plaques de glace et/ou de verglas s’en mêlent. Cette première partie me semble passer assez vite. Nous arrivons au premier ravito à St Christo en Jarez en 1h22’55 (216ème position).

St Christo en Jarrez – St-Catherine (km.16 – km.27)

Je passe complètement ce premier ravitaillement et ne prends qu’un simple morceau de banane au vol. A la sortie de ce premier poste, une pente à fort dénivelé nous attend. Je ralentis le tempo et marche un peu afin d’attendre Nono qui s’est attardé un peu plus au ravitaillement. Le chemin continue de monter jusqu’au point culminant de la course à Moreau (km.20, 850m d’altitude). Là… surprise, alors que le ravitaillement était censé être supprimé, il y a de nombreux bénévoles avec eau et thé chaud. Je prends 20 secondes, le temps de compléter mon bidon avec du thé chaud afin de réchauffer un peu l’eau de mon bidon, le goût au final est délicieux! Je réitérerai par la suite le même mélange à chaque ravito. La température ici est descendue à -11°, bizarrement je n’ai pas eu de grosse sensation de froid. Arrive ensuite la descente de 5 kms sur Sainte Catherine, il y a toujours pas mal de neige mais je ne la trouve pas très difficile, peu de verglas.

J’arrive au ravitaillement assez frais, par contre j’ai perdu Nono dans la descente. Je me ravitaille tranquillement (banane, coca), au moment de repartir, je le vois arriver, on échange quelques mots et repars seul.

St-Catherine – St-Genoux (km.27 – Km.37)

La sortie de St-Catherine s’accompagne d’une montée assez raide sur 2km, j’y alterne marche et course, les cuisses chauffent un peu. C’est un peu moins marrant de courir sans Nono.

L’arrivée avant St Genoux se passe d’abord par la descente du bois d’Arfeuil rendue pratiquement impraticable en partie en raison du verglas, beaucoup de personnes y chutent.Je suis assez heureux et chanceux d’en sortir avec juste quelques belles sueurs. On emprunte par la suite une route goudronnée avant l’arrivée en pente au ravitaillement de St-Genoux que je passe assez vite.

St Genoux – Soucieu en Jarrest (km.37 – Km.45)

La descente vers Soucieu en Jarrest est assez longue, presque 11 kilomètre. J’adopte un rythme d’environs cinq minutes au kilomètre qui me convient assez. Les chemins sont toujours très piégeants avec la glace et le verglas. On bifurque une nouvelle fois sur une partie goudronnée pour l’arrivée à l’avant dernier ravitaillement situé à Soucieu en Jarrest. Une nouvelle fois je n’ai pas très faim ni très soif et repars assez vite.

Soucieu en Jarrest – Beaunant (Km.45 – km.56)

A la sortie du ravitaillement, ma montre affiche des faiblesses d’autonomie. Je sors alors mon chargeur portable pour ne pas renouveler une nouvelle fois l’expérience d’une course sans indication kilométrique. Malheureusement, chercher quelque chose dans son sac avec du goudron verglacé est plus dur qu’il n’y parait. Bref je prends mon temps, un peu trop peut être. Je tente de reprendre mon rythme mais je sens que les jambes sont finalement un peu entamées et n’arrive pas à repartir à la vitesse voulue.

Le parcours devient plus linéaire, il y a beaucoup moins de chemin et beaucoup plus de route. Peu après vient le passage du Château, après une descente assez raide, une pancarte signale « passage technique », c’est en effet de grosses marches à passer où il faut faire très attention aux appuis. Une fois arrivée à Beaunant, je trouve avec surprise un poste de ravitaillement avec beaucoup de personnes. En réalité, la plupart sont des concurrents de de la Saintexpress partis à mi-parcours. Il y a de la soupe mais je n’ai pas de gobelet! Un peu déçu sur le coup de ne pas pouvoir en profiter! Comme beaucoup de monde je pense que la sortie est au fond de la tente, mais non, il faut se frayer un chemin en sens inverse vers l’entrée de la tente.

Beaunant – Lyon (km.56 – km.68)

A peine sortie du ravito qu’un très gros morceau nous attend avec la côte des aqueducs de Beaunant. C’est très dur (16 à 18% de dénivelé) et je n’arrive pas à courir, je la ferai donc entièrement en marchant. La route s’aplanit enfin, on traverse Sainte-Foy, le goudron commence à bien entamer mes jambes. A la sortie d’un chemin, je glisse sur une plaque de verglas et chute une première fois en sortie de virage, heureusement juste les genoux éraflés (et oui j’étais en short !), rien de grave je ramasse un de mes bidons qui a sauté et repars presque immédiatement. Enfin, c’est la dernière descente bitume assez raide sur Lyon. Dans un virage en épingle, je prends l’intérieur, et glisse une nouvelle fois sur une plaque de verglas et tombe sévèrement cette fois-ci, résultat un gros hématome à l’extérieur de la cuisse et douleur à l’épaule que je sentirai par la suite à chaque foulée. Je repars un peu plus péniblement cette fois-ci. Le panneau annonçant les cinq derniers kilomètres apparait peu après la traversé du pont Kitchener, ces derniers m’ont semblé durer une
éternité tellement je n’ai plus les jambes pour courir à bon rythme (je suis en 5’50/6min au km) et me fais pas mal doubler. Les rives du Rhône verglacées sont
également pour moi l’occasion de chuter une dernière fois en glissant à l’avant. Je termine au final cette Saintelyon en 6h53, (137ème position). Nous étions plus de 4500 au départ, et je suis curieux de connaitre le taux d’abandon qui doit être assez élevé. Le premier termine en 5h18 ce qui fait environs 30 minutes de plus par rapport à un temps « normal » de vainqueur de l’épreuve.

Même si les conditions étaient particulières et difficiles par moment, j’ai pris beaucoup de plaisir à courir cette épreuve de nuit. Je garderai de superbes images en tête malgré l’obscurité. Je pense n’avoir pas trop mal géré cette course, j’aurais aimé
avoir un peu plus de fraicheur sur la fin pour terminer mieux, à moi d’engranger plus de volume lors des préparations par la suite. Une dernière fois merci à Nono (qui finit en 7h07) pour l’hébergement à Lyon, et pour sa compagnie lors de la course. Merci également à l’organisation et à tous les bénévoles.

Voilà donc pour cette année 2010 orientée très trail.
Pour l’année 2011, je n’ai actuellement en prévision que le marathon de Paris en avril.


Mes temps de passage:

Temps
de course : 06:53:47.90 moyenne : 10.00 km/h

  • St Christophe en Jarez: 1h22m55s
  • Ste Catherine: 2h34m36s
  • St Genoux: 3h38m05s
  • Soucieu en Jarrest: 4h26m35s
  • Beaunant: 5h42m11s
  • Lyon: 6h53m47s

Saintelyon J-5

Voilà à 5 jours du départ qui aura lieu samedi minuit, un petit bilan de ces dernières semaines. La préparation a été assez correcte avec VMA et sorties longues (maximum 2h15), j’aurais peut être dû accentuer ces dernières mais je n’ai pas les terrains adéquats pour réaliser de la rando-course. Coté physique, mis à part une petite déchirure derrière la cuisse gauche tout va bien, j’espère que cette dernière semaine où je vais lever le pied va permettre d’arranger les choses. Je posterai certainement mon plan de préparation une fois la course passée.
Coté parcours, la neige et des températures très froides sont annoncées en haut des mont lyonnais (-6°), ce qui devrait rendre les choses encore plus « épicées ».

Parcours SainteLyon 2010

Voici donc une présentation vidéo de la Saintelyon 2010 effectuée à l’aide de Google Earth:

Une nouvelle fois, je précise que les emplacements sont approximatifs et que le parcours a été généré directement à partir du fichier kml disponible sur le site de l’organisation: ICI .

Le site propose également un profil de course: