Récit Marathon de Strasbourg 2012

Retour sur ce marathon, un peu plus d’une semaine après l’avoir couru.

Samedi 27 octobre, retrait du dossard au Zenith de Strasbourg, la météo est exécrable : de la pluie est du froid. Une éclaircie est toutefois annoncée pour le lendemain. L’après-midi, je réalise une ultime sortie de 20 minutes avec quelques courtes accélérations histoire de faire tourner les jambes, mais le froid et l’humidité sont vraiment contraignants.

Le dimanche matin, le réveil n’est pas trop compliqué avec le changement d’heure, j’avale une ou deux tranches de pain d’épice, un thé, et je suis d’attaque pour partir. Dehors, le soleil est au rendez-vous, les températures sont par contre négatives et je n’ai rien prévu pour : pas de gants, de bonnets etc.

Mon beau-frère nous accompagne ma sœur et moi, c’est plutôt bien car je peux porter un sweat et un bas de survêtement le temps d’aller sur la ligne de départ et de m’échauffer. C’est un peu compliqué de trouver la ligne de départ, beaucoup de personnes qui courent dans tous les sens et pas trop d’indications.

On trouve finalement l’entrée et je découvre avec surprise des sas de départs, grâce à mon (vieux) temps de référence sur la distance, je pars dans le sas 3h, je trouve l’idée un peu présomptueuse car je suis dans l’interrogation totale sur mon état de forme..

Après un dernier encouragement vers ma sœur, je rentre dans le sas et fait quelques échauffements surtout pour essayer de me réchauffer un peu. Le temps avant le coup de feu est vraiment long et est même retardé de 15 minutes environs. Finalement on démarre, beaucoup de monde le long de la route pour le premier kilomètre, c’est très festif.

 Je contrôle mes pulsations cardiaques et aperçoit un chiffre assez gros : 174 ! Je suis pourtant assez bien et court depuis moins de 5 minutes. J’arrive à la borne du premier kilomètre et regarde mon temps de passage : 4’30 ! Je ne comprends plus trop, je n’ai pourtant pas trop l’impression de me traîner…  finalement il s’agissait d’une erreur de placement de cette dernière. Je passe en réalité en 4 minutes, après le passage du deuxième kilomètre, mes puls descendent soudainement à 155, ce qui semble plus en adéquation avec mes sensations.

Le premier ravitaillement au 5ème kilomètre arrive très vite, même trop vite.. Je ne pense pas du tout au gel et en ouvre un en catastrophe après avoir pris un gobelet d’eau. Une fois de plus j’en mets bien plus à l’extérieur que dans ma bouche, il faudrait vraiment que les organisateurs trouvent une solution permettant de remettre les petites bouteilles d’eau sans forcément bloquer l’aspect environnemental. Avec l’eau du gobelet renversé sur mes doigts, ces derniers sont gelés !

Ces premiers 5 kilomètres s’avalent assez rapidement, je commence à me réchauffer également. Les dix kilomètres suivants passent très vite , je suis au 10ème kilomètre aux environs de 40’47. Tout va pour le moment assez bien, les puls ne s’affolent pas et le genou est transparent. Je profite pas mal du parcours, je revois notamment la commune d’Illkirch que je connais assez bien.

Peu après le 12ème, je croise mon beau-frère qui me donne une demi-banane qui me fait grand bien, surtout en raison du goût de gel qui me reste un peu dans la bouche en raison du peu d’eau que j’arrive à avaler avec les gobelets.

On arrive au passage en Allemagne avec la traversée du Rhin via le pont Pfimlin. Depuis quelques kilomètres, je cours seul, les seuls autres concurrents que je croise sont des participants de l’ekiden. Le pont est grandement exposé au vent, la température diminue une nouvelle fois. Alors que je m’étais bien réchauffé, j’ai de nouveau un peu froid. J’aperçois un groupe de coureurs à environs 500m devant moi. Je décide d’accélérer afin de me protéger un peu mieux du vent, je fais la jonction environs 1 kilomètre après l’arrivée sur le sol Allemand. Je ne sais pas si cet effort me pèsera par la suite car j’ai pas mal accéléré pendant 2-3 kilomètres avec un fort vent de coté. Je passe au semi en 1’27’30, tout se passe pour le moment assez bien.

Je reste un petit moment dans ce groupe, en effet, le parcours est maintenant pleinement exposé au vent et se déroule en majorité sur des pistes cyclables en bordure de champs. Certains passages sont plein vent de face, obligeant notre rythme à pas mal ralentir.

Le parcours est assez linéaire et pas très intéressant. Juste avant le trentième kilomètre, j’oublie une nouvelle fois de sortir un gel avant le ravitaillement, je le sors en catastrophe et le fait tomber… petit arrêt, marche arrière et c’est reparti. Les ravitaillements gobelet m’agacent vraiment de plus en plus ! Je passe le 30ème kilomètre en 2h04’34, le physique va toujours pour le mieux.

Au fur et à mesure, je remonte le groupe. Le rythme me semble même trop lent et décide donc d’accélérer un petit peu et lâche le groupe enj compagnie de deux autres coureurs revenus à notre niveau. Malheureusement peut de temps après, j’ai une assez forte douleur au tendon d’Achille du pied droit. Depuis quelques temps je ressentais cette douleur lors de palpation. Chaque appui devient très douloureux. Mon beau-frère m’avait dit qu’il serait peut être en Allemagne le long du parcours et des idées d’abandon me traversent l’esprit. Il reste presque 10 kilomètres et je ne me vois pas pouvoir finir. Je tente plusieurs choses : attaquer plus par le talon, ça calme un peu la douleur, autre moyen : je diminue grandement l’envergure de ma foulée c’est plus efficace. Je regagne un peu de vitesse mais je perds pas mal de temps par rapport à mon rythme des 30 premiers kilomètres, je perds 10 à 15 secondes par kilomètre alors que je suis globalement bien c’est assez frustrant.

Le passage en France s’effectue via la passerelle des Deux rives, j’avais lu plusieurs articles disant que ce serait un endroit clé mais au final je n’ai pas vu de grosses difficultés. Ca monte un peu certes, mais c’est tout de même très court.

Depuis quelques temps, j’aperçois le meneur d’allure 3h revenir assez vite sur moi et pour corser le tout, mon genou commence à me chiffonner. Malgré la lassitude et la douleur je décide de m’accrocher et force un peu mon rythme sur les derniers kilomètres, histoire de soigner le chrono.

Je reste en contact et atteint finalement la place Broglie en plein centre de Strasbourg en 2h59’18 en 60ème position. Une nouvelle fois un peu déçu car j’avais la forme pour faire beaucoup mieux. Avec le recul, j’aurais signé pour un temps en dessous de 3h avant de partir surtout avec une préparation un peu light pour un marathon.

Nous attendons ma sœur qui arrive dans un temps canon de 3h46’49, améliorant par la même de 11 minutes son record !

Au final un marathon sympathique, quelques petits problèmes d’organisation dus certainement à la jeunesse de l’événement. Le parcours en Allemagne n’est pas très passionnant avec les longues lignes droites interminables exposées au vent. L’arrivée sur la place Broglie est par contre très sympa, et le coupe-vent finisher m’a agréablement surpris.

J’ai plutôt bien géré la course ne me mettant jamais dans le rouge comme le montre ma courbe de pulsation cardiaque. Pour finir  mes temps de passage donnés par ma montre :

 

A venir, marathon Eurodistrict Strasbourg Orteneau!

J’ai finalement franchi le pas.. Je me suis inscrit sur un marathon. Je cours maintenant depuis plusieurs semaines voir mois sans de trop grosses gênes au genou droit. L’inflammation du tendon a diminué, la raison n’est pas très claire pour moi, en tout cas je n’utilise plus mes semelles orthopédiques, je pense que dans mon cas, elles sont inutiles. Le seul changement notoire est ma foulée; je cours en effet depuis octobre en minimaliste très souvent, j’attaque donc dorénavant par le milieu du pied et non plus par l’extérieur du talon comme précédemment. Ce n’est pas pour autant un remède miracle car j’ai parfois des gênes qui ré-apparaissent.
Début septembre, j’ai couru le semi de Lille, je n’ai vraiment ressenti aucune douleur ou sensation bizarre lors des 21 kilomètres, à cela s’ajoute un temps assez encourageant pour une reprise. Depuis 1 mois j’ai donc poursuivi l’entrainement, certes avec beaucoup de séances manquées en raison de déplacement professionnels et autres, mais le peu de fractionnés et de sorties longues passent pour le moment assez bien, j’ai donc décidé de participer au marathon de Strasbourg le 28 octobre. Ce sera presque un ultime test avant d’envisager la suite.

 

Ce sera la première édition pour ce parcours passant par l’Allemagne et quelques communes en périphéries de Strasbourg que je connais assez bien (Ostwald, Illkirch etc.), le tout avec un dénivelé relativement clément: +102m. Je n’ai pas d’objectif chronométrique précis pour cette course, je verrai la forme le jour-J !