Récit Trail des Aiguilles Rouges 2010

Arrivé le vendredi sur Chamonix par une pluie battante, je commence déjà à douter de la tenue de l’épreuve, surtout depuis le précédent de l’UTMB quelques semaines auparavant. Les rues de Chamonix sont pour moi inhabituellement désertes.

 

 

Finalement dans la journée, le site internet de l’épreuve annonce un parcours de repli de 53km et 3900D+. Je me présente donc le samedi en milieu d’après-midi récupérer mon dossard sur la Place de L’Eglise de Chamonix. On m’informe qu’il n’y a pas de vérification de l’équipement obligatoire sur place mais que des contrôles sont à prévoir le long du parcours

 

Dimanche 4h00. Ligne de départ Chamonix. Il règne une bonne ambiance malgré la météo un peu incertaine et les conditions difficiles annoncées en altitude avec neige et brouillard. Le dernier briefing nous annonce 10 à 15cm de neige sur les hauteurs. La pluie a cessé de tomber durant la nuit, je ne trouve pas qu’il fasse froid et pars en short et maillot manche longue.

 

  • Chamonix – Les Grosses Pierres (km.0 — km.11)

Je ne pars pas trop vite. Les deux premiers kilomètres relativement plats dans les rues de Chamonix permettent d’étirer un peu le peloton. A l’abord du 3ème kilomètre, on aperçoit les toutes premières montées de la journée. Bien qu’un peu humide ça se passe bien, je ne chute qu’une fois sur l’arrière après avoir glissé sur un rocher. Peu après le ravitaillement de Samoteux, je me retrouve seul pendant une dizaine de minutes et je galère réellement avec le brouillard très très épais, je ne vois pratiquement pas à 2m et suis donc au ralenti. Je diminue le rythme afin de me faire rattraper et être aidé par d’autres frontales de coureurs. Il est presque 6h du matin et le jour ne pointe toujours pas son nez.

 

  • Les Grosses PierresAiguillette des Houches  (km.11 — km.16,5)

La première grosse ascension débute avec l’aiguillette des Houches. Les premières montées pèsent bien sur les jambes. Je décide d’y aller vraiment doucement et ne force donc pas mon allure, une dizaine de coureurs me doublent. Le jour pointe enfin le bout de son nez et les paysages sont magnifiques, on est au dessus des nuages et la neige a fait son apparition, cette dernière s’épaissit avec l’altitude pour atteindre effectivement comme annoncé 10 à 15cm par endroit au sommet. Il commence à faire froid et avec l’humidité apportée par la sueur, je décide de passer mon coupe-vent.

  • Aiguillette des Houches  – La Flégère (km.16,5 — km.29,9)

La descente des Houches jusque Plan Lachat est sympa malgré la neige et les conditions difficiles du jour. Le brouillard s’est dissipé et laisse apparaitre un paysage presque lunaire par plus de 2000m d’altitude. J’accélère pour cette première descente, ça fait surtout du bien de recourir un peu après la première grosse ascension. Une fois la descente avalée on remonte déjà vers PlanPraz, une courte ascension.

Cela me fait plaisir de revoir l’arrivée du marathon du Mont-Blanc mais malheureusement le brouillard a de nouveau fait son apparition et je ne reconnais pas grand chose. La suite est une partie assez roulante jusque Flegère qui doit également emprunter les mêmes sentiers que l’épreuve de Juin car je reconnais pas mal de passages très particuliers notamment celui comportant des escaliers raides avec une main-courante.

  • La flegère – Lac Blanc (km.29,9 — Km.32,5)

J’ai l’impression que le froid redouble et je ne suis pas au top, le passage au niveau du Lac Blanc est quand à lui magnifique. Je commence à trouver le temps ainsi que le kilométrage assez long, le parcours me paraît plus important que les 53kms annoncés sur le site vendredi.

 

La descente vers Argentière est ensuite très longue, je n’ai plus du tout de jus, et n’arrive pas à relancer. Un nombre important de coureurs me passent. Au détour d’un virage j’aperçois un bouquetin en train de prêtre, moment vraiment innatendu.

  • Lac Blanc – Argentières (Km.32,5 — km. 37,6)

La descente n’en finit pas. J’assiste à beaucoup de chute d’autres coureurs, en croise même certain blessés en train de descendre au ralenti avec leur couverture de survie sur les épaules. Arrive enfin le ravitaillement d’Argentières, je n’en voyais pas le bout. Depuis près d’une demi-heure, je n’attends qu’une seule chose: abandonner. Je n’ai plus aucun jus et les jambes ne suivent pas du tout. Au ravitaillement je retrouve Thomas qui m’a accompagné tout le weekend. J’arrive donc le moral à plat mais d’une manière contradictoire Thomas me dit que je suis pas mal.

 

Mais de mon coté je sens bien que je n’ai pas les mêmes sensations que d’habitudes. Je ne cesse de me faire doubler. Je préfère vraiment abandonner mais une bénévole ainsi que Thomas me soutiennent un peu, finalement on me remplit mon bidon et je repars en donnant rendez-vous au village de Le Tour à Thomas, juste avant le début du col des Posettes.

 

  • Argentières. — Le Tour (km. 37,6 — km. 41,4)

A peine fait 20 mètres après le ravitaillement qu’une nouvelle fois l’envie d’abandonner me reprend, à ce moment là un concurrent me rattrape tout sourire et je parle un peu avec. Je lui dit que je suis grillé mais il est assez marrant et ça me remonte une nouvelle fois un peu le moral. Au village de Le tour, je retrouve Thomas, une nouvelle fois je lui fait part de mon envie d’arrêter mais il me dit tout simplement que je ne suis pas loin de la fin et qu’il faut que je finisse. Bref pas de grandes paroles mais c’est suffisant pour me redonner du courage à l’approche de l’ascension du col des Posettes.

 

  • Le Tour — Col des Posettes (km. 41,4 — km. 46,6)

Thomas m’accompagne quelques mètres sur le premier lacet. Je continue ensuite seul, le chemin n’est pas technique, juste un bon chemin en terre bien dur, j’essaie de relancer mais rien à faire, en passant je prends un gel et remarque que ce n’est que le deuxième de la course en plus de 6h! c’est vraiment peu. Les lacets s’enchaînent, il y a pas mal de randonneurs qui ont toujours un mot d’encouragement. Finalement le sommet se dessine, la température diminue en conséquence et l’éclaircie ensoleillée laisse place à un temps gris et de nouveau à du brouillard. Au sommet je reconnais une nouvelle fois parfaitement le sentier emprunté lors du Marathon du Mont Blanc, spécialement le passage avec les rochets pointus. Ce passage technique est rendu d’autant plus difficile aujourd’hui avec boue qui s’est formée à certains endroits.

Après un passage de plat, j’atteins enfin le dernier ravitaillement. Le temps de boire un coca et je repars pour les 7 derniers kilomètres de descente avant l’arrivée.

 

  • Col des Posette — Vallorcine (km. 46,6 – km. 53)

La descente débute par une large piste de 4×4, je me sens un peu mieux et arrive enfin à relancer un peu mon rythme. Le large sentier de cailloux laisse place à des chemins de terre technique (rocher, racine) en lacet. J’essaie de faire attention le plus possible et la chute n’est pas très loin en raison de l’importante quantité de pluie tombée ces derniers jours sur Chamonix. L’arrivée se profile enfin, j’entends le speaker.

 

La dernière descente coïncide exactement au début de l’ascension du Col des Posette emprunté par le marathon du mont Blanc, je reconnais même la fameuse barrière. Une fois franchie, l’arrivée est à quelques mètres. Je croise Thomas sur la ligne, en profite pour lui dire un petit mot gentil 😉

Finalement la fin, 9h03 et 87ème position. Pour info mes différents temps de passage:

 

Tableau des passages
Pts Heure pass. Tps course Classt.
Les Grosses Pierres D-05:56 01:25:51 64
Aiguillette des Houches D-07:13 02:42:57 75
Plan Lachat D-07:54 03:23:27 71
La Flégère D-09:22 04:52:11 58
Lac Blanc D-10:02 05:31:55 62
Argentière D-10:53 06:22:21 71
Le Tour D-11:29 06:58:56 78
Col des Posettes D-12:56 08:25:32 85
Vallorcine D-13:33 09:03:00 87

Que tirer en conclusion de ce trail? Tout d’abord la course en elle même, une nouvelle fois une épreuve très bien organisée et balisée, même par nuit avec un fort brouillard, je ne me suis pas senti perdu. L’épreuve est par contre assez costaud en elle même. J’ai appris quelques jours plus tard via des forums de course à pied que la distance avait finalement été de 55kms pour 4100mD+.

C’est la première fois que j’ai un tel coup de moins bien dans une course, les causes sont certainement multiples: préparation trop courte, alimentation insuffisante, fatigue avant la course etc. J’étais l’un des seuls à ne pas utiliser de bâtons, de nombreux trailers se sont une nouvelle fois étonné de me voir sans, je vais peut être essayer finalement…

Pour finir, je tiens à remercier tout particulièrement mon Kamarade Thomas de m’avoir accompagné pendant tout le weekend ainsi pour son soutien aux ravitaillements! Reste maintenant à bien récupérer pour les 20kms de Paris le 10 octobre prochain.

Parcours Trail des Aiguilles Rouges 2010

J’ai réalisé une nouvelle fois une présentation sous Google Earth du prochain trail en prévision: Les Aiguilles Rouges. J’ai ainsi pu produire le fichier vidéo suivant:


 

La visualisation n’est pas géniale et les ravitaillements ne sont pas placés de manière extrêmement précise. Je propose également un fichier au format kmz : TAR2010 directement ouvrable sous Google Earth.

Trail des Aiguilles rouges

Dimanche 26 septembre se déroulera le Trail des Aiguilles Rouges à Chamonix. L’occasion au long du parcours de 51 kms et 3900mD+ de recroiser une vieille connaissance en la personne du Col des Posettes qui m’avait franchement bien entamé lors de mon tout premier trail au Marathon du Mont-Blanc.

 

J’avoue y aller sans grosse préparation tant depuis l’Ultra Tour du Beaufortain, je n’ai pas vraiment fait beaucoup de kilomètres.